10.11.2008
Je vous salue Marie pleine de graisse (un hymne à la courge, à la saucisse et au boudin)
Je l'avoue. Quand elle s'est servie de l'Equipe du dimanche avec l'interviouve exclusive de Karim Benzema pour envelopper les restes avariés de la viande du chat, mon weekend s'est effondré. Mais ce ne fut pas sa seule ignominie à la bougresse, oh que non ! Laissez-moi donc vous raconter cette tragique histoire que même Pierre Bellemare ne pourrait vous narrer sans avoir quelques trémolos dans la voix.
J'aurais dû me méfier. A notre premier rendez-vous elle tirait sur une clope camélidée en mettant en avant ses deux bosses, histoire que je ne m'amuse pas à plonger un regard prospecteur dans le décolleté vertigineux de ma voisine dont la vallée centrale rappelait furieusement une aire de pique-nique estival au fin fond des Grandes Jorasses. En fait de frères Karamazoff, je n'ai eu droit qu'à deux farfadets n'ayant même pas trouvé de l'embauche au cirque Pinder. Mais ça n'était encore pas trop grave, quelque part elle l'avait bien joué et ça ne me déplaisait pas. J'aimerais tout de même, au nom des marris trompés, m'élever contre ces fabriquants de leurres qui nous font croire qu'il y a du monde au balcon alors qu'en fait la surprise party est à la cave.
J'ai commencé à avoir un doute le soir où elle a brûlé mon polo du Rugby Club avec son fer à repasser. Madame a prétexté un bruit à la cuisine l'ayant inquiétée, soi-disant le sifflement possible du gaz. Je veux bien. Il faut être attentif. Les accidents domestiques sont un vrai fléau. Je dirais juste qu'étant chauffé intégralement à l'électricité, cusinière incluse, l'explication m'a paru pour le moins alambiquée. Tiens, en parlant d'alambic, c'est vrai qu'au Rugby Club nous avons l'habitude de fêter la victoire, souvent celle des autres d'ailleurs, en tirant quelques liquides de notre alambic à double distillation, fort utile pour séparer les mauvais goûts (de fruits etc..) de l'alcool éthylique que nous affectionnons. Bref, rien de bien méchant quoi.
J'ai franchement eu un doute quant elle m'a servi une choucroute en boîte. Non pas que ça ne soit pas mangeable et fort pratique au demeurant pour les stakhanovistes malgré eux rentrant à la maison épuisés, mais je me suis mis à gamberger. Son repas de la veille à l'auberge du Canard qui boite avec ses copines de cartes (elle joue au pognon avec son gros rouge et la clope au coin), fut, d'après elle, simplement divin. Cette chasse fut sublime mon Cher, tu aurais aimé ! Effectivement, vu que j'adore ça j'aurais peut-être aimé, c'est bien vu. Mais ça ne vaut pas le weekend d'avant où elle est partie dans le Jura avec des potes pour un weekend gastronomique me laissant le ménage et la vaisselle, même que j'ai pas bien passé l'aspirateur m'a t-elle dit en rentrant encore un peu éméchée le dimanche soir.
Je n'ai plus eu aucun doute lorsqu'elle a invité sa mère à passer la semaine de ski avec nous dans le chalet de Chamonix, celui que j'ai loué pour mon anniversaire. Sa mère, cellle-là même qui a tenté de m'empoisonner avec un vieux curry hors d'âge qui aurait foutu en l'air les tripailles de n'importe quel pachyderme, sans parler de l'épouvantable diarrhée qui se serait amoncelée au point de faire passer les bourbiers d'Apocalypse Now pour une simple visite organisée du parc naturel des Vosges. Nous sommes des millions comme ça. Une belle-mère morte est une bonne belle-mère. Un point c'est tout.
Tous mes doutes s'étant évaporés, que reste-t-il de nos amours ? Un vague tesson de bouteille oublié sur un coin de table de la cuisine, quand elle m'a assommé et refait le portrait à la Franck Ribéry. Un vieux marteau rouillé, quand je lui ai planté deux clous à travers les semelles de ses bottes toutes neuves pour qu'elle s'empale. Un lit cramé, quand elle m'a arrosé d'alcool à brûler pendant que je dormais en y mettant le feu avec un mégot. La taquine. Quelques poils de chat, si joueur qu'il remplace désormais avantageusement la courroie de transmission de sa voiture. Tout ceci est bien triste.
Reviens, Chérie, j'ai changé ! Je ne suis plus le même. Je ne fais plus pipi sur la lunette des toilettes, j'utilise même la brosse. Je suis triste sans toi, je suis laid sans toi, je n'ai même plus de vieille poire. De ton côté fais un peu de ouaite ouatcher, accroche un patch à ta fesse, emmène-moi quelquefois en weekend. Je te promets, tu auras ta liberté. Tu pourras sortir quand tu veux les soirs de Ligue des Champions.
Je t'aaaaaaime !
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